Le beau concept de « Chez Machine »

Depuis quelques jours, la planète « patrons indépendants », a vu l’arrivée d’une toute nouvelle marque : « Chez Machine ». Grande curieuse que je suis, j’ai voulu en savoir plus et je n’ai pas résisté longtemps (c’est à dire le jour même du lancement officiel) à proposer aux 2 protagonistes, la petite interview qui va bien !!

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Plusieurs raisons pour jeter mon dévolu sur ces 2 super nanas et leur tout nouveau concept :

Raison n°1 : SOLIDARITE REGIONALE : une basée dans les Landes et l’autre dans le Béarn (pour le dernier au fond de la classe, le Béarn c’est dans le 64 vers Pau et les alentours…). Me situant géographiquement, pile poil entre les 2 (Pays Basque forever !!), je me devais de mettre en avant (même si elles n’ont pas du tout besoin de moi !!) cette belle initiative Sudouestique !! Sud Ouest POWER !!!

Raison n° 2 : THE CONCEPT : une marque qui s’adresse à toutes les femmes ! du 34 au 56…, tous les niveaux (les patrons sont adaptables en fonction de votre niveau : débutantes, intermédiaires, confirmées). Le point qui a particulièrement retenu mon attention est bien évidemment le 56. Quoi ?? Une marque qui va au delà du 42 ou 44 ??? Et bien oui mesdames, sachez que quand on dépasse la taille 42, on a quand même envie de s’habiller, et si en plus, on peut le faire avec des fringues aux coupes modernes, c’est « the cherry on the cake » comme on dit !!  Petite aparté au sujet de ces standards de taille à la con. Un jour dans un magasin dont je ne citerais pas le nom (mais ça commence par MA.. et ça finit par …JE !!), la « gentille » vendeuse à qui je demande de pouvoir essayer une robe en 42, me regarde de la tête aux pieds avec un air hautain (limite dégoutée) et me dit : « ah non madame, ici nous allons que jusqu’au 40″… « Ispice di counasse rachitique » me suis je dis dans ma tête.. Enfin revenons à nos moutons. Oui, la moitié des femmes en France font du 42 et plus, donc oui, il y avait ici un vrai manque à remplir ! Vide enfin rempli par nos 2 girls from south west !

Raison n°3 : THE CONCEPT BIS : en tant que marketeuse de métier, je suis plutôt bien placée pour savoir qu’avoir une idée de boite, ne suffit pas à vous assurer le succès. Et oui, mesdames, aujourd’hui pour émerger dans ce monde de brutes, il faut « marketer » son offre, la packager, raconter une histoire… Termes marketing barbares peut être mais il est indispensable d’en passer par la pour émerger et réussir. Et bien, ces 2 super nanas ont tout compris. Le « marketing » de leur offre est au top :

  • Un teasing de ouf avant le lancement avec des photos de filles à moitié nues !!!!
  • Le côté participatif avec la collecte sur Kisskissbankbank qui fait qu’on a toute l’impression de faire un peu partie du projet en aidant financièrement.
  • Un patron gratuit pour que chacune d’entre nous puisse découvrir et tester cette nouvelle marque…
  • Des vidéos funs où elles se mettent en scène de façon décalée et très naturelle (cf la vidéo où elles sautent toutes les 2 sur leur lit après avoir atteint le 1er palier de leur collecte KKBB).
  • Et des nanas qui nous ressemblent…  qui fait qu’on a toute envie d’être leur copine !!

RAISON n°4 : L’ADMIRATION. Comme je l’avais dit à l’époque de ma toute 1ère interview d’Emilie de Dessine Moi un Patron (à retrouver dans ma rubrique « les coups de cœur »), je suis admirative, et un peu envieuse, il faut bien le dire, de ces nanas qui ont les « cojones » de se lancer dans de tels projets et de réaliser leurs rêves.

Les « Machines girls » ont accepté très gentiment de répondre à mes questions indiscrètes. Voici ce qu’elles m’ont raconté sur leur folle aventure :

 

Qui se cache derrière « Chez Machine » ?

Maïder 35 ans depuis peu :-(( et Aurélie,blogueuse couture. 20 ans depuis longtemps !

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Que faites-vous dans la vie et que faisiez-vous avant cette folle aventure ?

Maïder : Gérante de Créativ’Couture, école de couture à Dax pour particuliers et formations professionnelles.

Aurélie : Infirmière. En congé parental. Donc disons Maman à plein temps mais plus pour longtemps ! Qui a pris quelques cours chez Maïder ! 😉

Qand est-ce que le virus « couture » vous a piqué ??

Maïder : Quelques travaux manuels petite, mais surtout avec mon orientation professionnelle après le collège.

Aurélie : Petite j’adorais regarder ma maman coudre… Cette machine à coudre me fascinait… On a cousu quelques robes de poupées ensemble, surtout à la main. Adolescente, je rêvais de tout ça, de mode. Je dessinais quelques modèles. (Je les ai retrouvés, il y a peu et je vais te faire une confidence, c’était moche. ) Mais je crois que je n’ai jamais osé suivre cette voie et j’en ai choisi une voie plus conventionnelle.

En 2010, je me suis fait offrir une MAC, j’ai fait les rideaux de notre appartement, des plaids, quelques habits pour mes nièces et mon neveu. J’ai enclenché la seconde quand je suis enfin tombée enceinte. J’ai pris de l’assurance et c’est devenu de plus en plus addictif.

Pourriez vous présenter en quelques mots « chez Machine » ? 

Chez machine c’est une nouvelle marque de patrons indépendants. Pour toutes. Du 34 au 56. De la débutante à la confirmée. En 2017, nous proposerons également la confection en demi-mesure (c est à dire un patron avec tracé de compromis. Vous nous donnez vos mensurations, on part de notre patron et on trace le compromis en suivant tes mesures pour optimiser le fit). La couture pour toutes.

D’où vous est venue cette idée ? 

Aurélie : Je me suis appuyée sur ce qui me manquait, personnellement, dans mon entourage et aux copines couturières sur la toile. J’ai tendance à défendre la veuve et l’orphelin, c’est dans mon caractère depuis l’enfance. En cousant, j’ai vite remarqué que les grandes tailles, en France, étaient boudées. Je ne parle pas qu’en terme de patrons indépendants. J’ai vécu en Angleterre, et là-bas, les femmes rondes sont beaucoup moins complexées. On trouve facilement des vêtements sympas et dans l’air du temps, en grande taille. En France, j’ai l’impression qu’on les planque un peu, ne serait-ce que dans la forme des vêtements. On a la moquerie facile sans jamais se demander pourquoi ces personnes ont pris au fil du temps du poids. Parce qu’elles mangent. Oui c’est sûr mais il serait aussi intéressant de se demander pourquoi elles mangent… de les tirer vers le haut plutôt que vers le bas. Certaines des femmes rondes que nous avons pu rencontrer ou avec lesquelles nous avons discuté par voie de mail, nous ont dit ô combien elles étaient touchées par notre démarche (d’autant plus qu’on est dans le » standard ») et qu’elles s’étaient dit « ça y est, on a le droit, nous aussi ». Ces mots sont durs et m’ont beaucoup émue. On est en 2016, et elles se disent à peine que oui elles ont droit de coudre des formes modernes et pas mémères de Burdaplus…

Vous la murissiez depuis longtemps ?

Maïder : Ben là je te laisse répondre hein ! J’ai trouvé son idée très intéressante alors je lui ai proposé mes services.

Aurélie : Personnellement, j’en rêvais depuis que je me suis mise à la couture à forte dose. Mais c’était très flou, il n’y avait rien de précis. J’ai commencé à travailler dessus il y a 18 mois, secrètement puis en en parlant de plus en plus à mon entourage.

Quelles ont été les différentes étapes pour en arriver là ? 

Aurélie : J’ai d’abord réfléchi au concept. A ce que je voulais apporter en plus, je voulais quelque chose qui me ressemble. J’ai établi un cahier des charges avec ce que je voulais trouver ou retrouver sur les planches, ainsi que dans les visuels et les explications.

J’ai fait une étude de marché et les résultats étaient en phase avec mon cahier des charges. Ce qui était plutôt prometteur.

Puis j’ai investi dans les livres DP studio, pour me familiariser avec la coupe à plat. Je sais plus ou moins hacker un patron mais il ne s’agissait pas de faire ça mais bel et bien d’en créer un. Ces livres sont très bien faits et complets mais j’avais besoin de cours de pratique pour gagner en fiabilité et surtout, à titre personnel, de confiance. C’est à ce moment-là que je me suis tournée vers Maïder. Et finalement elle s’est greffée au projet. Nous avons des bagages et des tempéraments différents mais je crois que c’est ce qui fait notre force et puis nous avons les mêmes valeurs.

Je lui ai présenté mes modèles avec des croquis un peu grossiers (je ne suis pas très douée en dessin), mon cahier des charges, elle a posé un regard de pro sur mes notes et hop on s’est lancées.

En chiffrant un peu on s’est rendu compte que le projet étant assez ambitieux demandait de l’argent. Nous avons donc décidé de lancer une campagne KKBB. Pour moi la vidéo était le meilleur support de présentation. D’autant que l’offre en terme de patrons indépendants est déjà riche, en taille standard, il fallait se démarquer, avec une vidéo qui claque. Qu’on nous voit au milieu de la masse. De plus la vidéo a un atout de taille : sur un seul Et même support on peut montrer beaucoup de choses et notamment le mouvement du vêtement. Nous avons fait appel à des amies pour la réaliser. Je voulais que cette vidéo résume en 3min l’état d’esprit de chez machine. Le côté local, naturel, la bonne humeur, le tout sans complexes et sans prise de tête. D’autres vidéos sont prévues pour présenter nos atouts.

Maïder : Des rencontres, du Brainstorming, mais c’est surtout d’elle que viennent toutes les idées…

Qu’est ce qui vous a poussé à sauter le pas ?

Maïder : bon moi toute seule je ne l’aurai JAMAIS fait je pense.

Aurélie : Ben moi toute seule, j’en aurais chié ! J Au départ, la vie de famille. Je suis infirmière, en réanimation, avec des horaires décalés, jour/nuit, week-end jours fériés et mon mari est souvent en déplacement. Nos familles n’étant pas juste à côté, c’était compliqué. Je ne voulais pas y repartir après mon congé parental. Et faire des horaires plus de bureau impliquait de changer de service et honnêtement, je ne suis faite que pour la réanimation.  Ensuite, le fait d’être à deux, m’a encore plus motivée. Voir que Maïder me faisait confiance a aussi été moteur. Le fait d’être avec une vraie pro amenait un savoir-faire technique supplémentaire et de la légitimité.

Parlez-nous un peu des différents patrons que vous lancer : le style, les coupes,…

Aurélie : C’est un peu même carrément ce qui me manquait. En gros, on a conçu les patrons pour moi et puis on permet aux autres de les coudre. J Un style intemporel, pour ne pas se lasser. Des coupes confortables et féminines tout en gommant les petites formes. 🙂 Et toujours le détail. Je trouve que c’est ce qui fait tout à un vêtement ; même le plus simple : le détail !

collection

Et quelles sont les différentes étapes dans la réalisation d un patron (de l’idée à l’impression) ?

Aurélie : l’idée, c’est l’inspiration. les femmes dans la rue, sur les vêtements de mes enfants (oui, oui), et un peu dans les magasins, mais en fait, j’y vais très peu. je trace quelques ébauches. et puis des fois, ça me prend (souvent au moment de me coucher, quand je m’endors… (je te l’accorde, c’est pas vraiment le moment) je pense à un truc. Et comme ça bouillonne pas mal là-haut, il faut que je couche mes idées tout de suite de peur de les perdre.

Maïder : Une fois le croquis / l’esquisse en main, il y a la première toile, l’essayage, la deuxième toile, l’essayage, la troisième toile, l’essayage… ça peut-être trèès long. Puis la définition des solutions technologiques, comment va-t-on faire pour monter/coudre le vêtement. Dossier technique : Gamme de montage, schéma techniques, lecture, re lecture; lecture, relecture ….préparation des planches de patrons, le tout suivant notre charte graphique. Recherche de packaging, d’imprimeur …..

Aurélie : C’est très long…

Comment avez-vous définis les noms de ces patrons ?

Aurélie : Prénoms de nos enfants (même ceux dont on rêve encore), nièces et neveux. On a épuisé le stock, va falloir trouver une autre source d’inspiration.

Pourquoi Kisskissbankbank ? Quel est l’objectif de cette collecte ? (depuis, elles ont atteint leur 1er objectif, mais on peut continuer à les aider pour atteindre le 2ème voir le 3ème objectif…)

Aurélie : On aurait commencé en pdf ça aurait été différent. Là il y a en plus des couts de prototypage, les couts d’impression, le packaging et l’air de rien ça monte vite ! Comme l’achat des matières premières pour la confection, qu’on voudrait haut-de-gamme. Surtout qu’au départ, on ne va pas éditer dans des quantités astronomiques. (quoique ! :)). Et nous voudrions vraiment mettre l’accent sur des vidéos comme une aide ponctuelle. Et pour faire des vidéos de qualité, il faut investir!

Et pour se faire connaître par rapport aux patrons de couture, rien de mieux que le CSF, les stands se louent très chers, là c’est sûr il nous faudra un coup de pouce!

Quels sont vos objectifs pour la marque ? Comment voyez-vous la marque d ici 6 mois / 1an ??

Maïder : Se développer, toujours dans la même dynamique. Que notre marque soit toujours fiable et durable pour ses utilisatrices.

Aurélie : Honnêtement, je ne sais pas trop, car je ne m’attendais pas à ce qui se passe en ce moment. C’est génial. Alors, j’avoue, je ne sais pas 🙂

Et enfin, comment vous est venue l’idée du nom « Chez Machine » ?? 

Aurélie : je voulais quelque chose de décalé. En lien avec la couture bien sûr et sans faire gnagna. Je crois m’être énuméré tout ce dont on peut avoir besoin en couture. J’ai regardé ma machine, et ça m’a paru évident. Je le tenais ! J’ai appelé ma prêtresse des mots, qui a validé ! C’était trouvé. Maïder est arrivée après, je lui ai proposé, elle a été convaincue ! On l’a gardé !
shootinglancement

Et voilà, cette interview est terminée. Un énorme merci à nos Southwest Girls d’avoir pris le temps dans leur emploi du temps surchargé (et qui plus est en cette semaine de rentrée scolaire), de répondre à mes questions.

Si vous n avez pas encore participé à leur collecte Kisskissbankbank, ce n’est pas trop tard et c est par ici.

De plus, pour celles qui auraient loupé l’info et qui voudraient découvrir la marque, le patron gratuit du short Ben est à disposition sur leur site. Les filles organisent jusqu’au 2 octobre un concours autour de ce fameux patron avec de jolis lots à gagner pour leur coup de coeur + 4 chanceuses tirées au sort.

short_Ben

Je me suis prêtée au jeu et j’ai réalisé ce joli patron. Je vous en parle la semaine prochaine dans un article.

Crédits photos : @chezmachine et @7embre_IG

17 Commentaires

  1. La boîte à mystères

    C’est avec grand plaisir que j’ai lu cet interview ! Très intéressant et bien fait !
    Je leur souhaite beaucoup de succès dans la continuité car le concept est vraiment super et l’on sent qu’il y a énormément de boulot et réflexion derrière !

    Répondre
    1. Aurelie

      Merci beaucoup Delphine.

      Répondre
    2. Basile et Léon (Auteur de l'article)

      Effectivement, beaucoup de boulot et une vraie réflexion. Souhaitons leur beaucoup de réussite !!!

      Répondre
  2. chahralys

    bravo pour ce super article.

    Répondre
    1. Basile et Léon (Auteur de l'article)

      Merci beaucoup !

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  3. Auguste eT septembre

    Mais top quoi ! Une super belle aventure qu on encourage à fond !!! Et surtout 2 filles géniales et généreuses !

    Répondre
    1. Chez Machine

      Merci Perrine.

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    2. Basile et Léon (Auteur de l'article)

      On est d accord !!!!

      Répondre
  4. Addictiph

    Beaucoup de plaisir à lire cette interview et à en découvrir un peu plus sur le commencement de cette formidable aventure!
    Je suis très fière d’être, d’un certain côté, un petit peu associée au projet d’une marque telle que Chez Machine qui a de belles valeurs et deux personnes aussi sympas ( même si je ne connais pas encore Maïder je suis sûre que c’est une nana géniale si Aurele c’est associée à elle, bref!) à sa tête !
    Des bises les filles et merci Marie pour ces chouettes interviews, continue!!!!
    Tiphaine

    Répondre
    1. Chez machine.

      Et nous sommes aussi fières de te compter dans la team Tiphaine. Bisous

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  5. Pingback: Ma nuit avec « Ben » !

  6. Julia

    Très chouette cet interview !

    Répondre
    1. Basile et Léon (Auteur de l'article)

      Merci Julia !!

      Répondre
  7. Maider

    Bravo les filles! Super concept.
    Hâte d’essayer vos patrons

    (Une autre Maïder de Dax!)

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