Bilan 7 mois après…

Voilà près de 7 mois que je me suis lancée dans la folle aventure de l’entreprenariat  avec ma marque de vêtements Drôle de Bazar et je me suis dit que c’était le moment de faire un 1er bilan.

Je sais que bon nombre d’entre vous ont envie de se lancer (ou que ça leur a déjà effleuré l’esprit de se lancer). Donc je me suis dit que mon partage d’expérience pourrait vous intéresser.

Concrètement, les 7 derniers mois ont été pour moi de vraies montagnes russes émotionnelles.

Je dirais que dans l’ensemble mon bilan est plutôt positif, mais que j’ai encore souvent de nombreux doutes sur la pérennité d’un tel business et toujours ce fameux syndrome de l’imposteur qui me joue des tours parfois. Mais il parait que c’est le cas de bon nombre d’entrepreneurs (on essaye de se rassurer comme on peut !!).

Voici un bilan sur les grandes thématiques qui me semblaient importantes !

LES MODELES :

Un des trucs qui m’étonne toujours c’est la réussite ou l’échec de tel ou tel modèle. Bizarrement ce ne sont pas toujours les modèles que je préférais au départ qui marchent le mieux. Finalement d’ailleurs c’est un peu comme dans la couture pour nous même. Parfois on poste une cousette qu’on adore, sur laquelle on a passé des heures, qui techniquement est au top du top et les réactions de la communauté sont assez limitées voir mitigées et à d’autres moments au contraire, une pièce très classique dans un tissu très classique, on ne sait pourquoi, va soulever les foules et le nombre de likes (le fameux !!!) va exploser…

Petite parenthèse sur le nombre de likes en passant… J’ai remarqué avec ma toute petite expérience, qu’il ne fallait pas toujours se fier à l’accueil d’un post sur Instagram car les ventes ne sont pas toujours proportionnelles à l’engagement qu’il a ou non suscité. Mystère mystère…

Une fois les modèles définis, une des choses qui est très dure à évaluer c’est la quantité de tissu à commander par modèle. Il m’est arrivé plusieurs fois d’être à cours de tissu très rapidement sur un modele qui marchait bien. Et à l inverse, me retrouver avec du stock (donc de l’argent qui dort dans un placard et dont je ne me sers pas…).


IL y a aussi le cas du tissu qui n’est pas reconduit par le fabricant, ou le tissu qui est reconduit, mais en fabrication avec un délai de 7 à 8 semaines…. alors que le tissu vous en avez besoin maintenant bien entendu… Dans 2 mois, ça sera trop tard !!!!!

 

Tout est dans l’art de la prévision : compétence que je ne maitrise pas encore.

LES VENTES :

En terme de commandes (car c’est quand même le nerf de la guerre soyons honnête), je suis plutôt satisfaite même si évidemment, il y a encore une bonne marge de progression.

J’avais 2 indicateurs qui étaient importants pour moi. Tout d’abord : pouvoir vendre à des gens totalement inconnus et pas seulement à mes soeurs, copines, mes voisines,… et finalement ça a été assez vite le cas (merci insta !)

Et le deuxième indicateur (mon passé de  « marketeuse » n’est pas bien loin !!) était de réussir à fidéliser  ma clientèle, c’est à dire que mes clientes rachètent ce qui est forcément un gage de satisfaction sur la 1ère commande.  Et Sur ce point aussi, ça a été le cas  !

Encourageant donc, mais ça ne fait pas tout. Je ne vais pas vous le cacher, il est évident qu’il faut que je développe encore mon volume de ventes pour que mon activé soit pérenne et que je puisse me payer un petit salaire… Et pour cela, il y a tout un tas de leviers à actionner… manque juste le temps et l’argent.

LA TRESORERIE :

Car oui, l’argent est une VRAIE GROSSE PROBLEMATIQUE. Et surtout j’ai mal évalué mon besoin en trésorerie au démarrage.

Ce type d’entreprise nécessite une trésorerie importante. En gros, il faut toujours avoir de l’argent d’avance pour pouvoir payer les différents postes de dépense : le modélisme / gradation (je suis accompagnée par  quelqu’un qui m’aide sur toute cette partie même si à terme j’espère pouvoir le faire intégralement toute seule), achat du tissu (en gros pour avoir des prix, il faut en acheter dans des quantités relativement importantes et donc sortir des sommes importantes d’un coup), acheter des étiquettes avec le logo de ma marque, acheter des emballages pour pouvoir envoyer les commandes, acheter les cartes que j envoie avec chaque commande et les « fu…ing » charges d autoentrepeneur

Concrètement, tout l’argent gagné est très vite réinvesti dans des dépenses diverses et variées.

J’aimerais pouvoir dans les moments de rush pouvoir sous traiter une partie de la confection mais c st encore de l argent à sortit avant meme avoir réalisé une vente et donc avoir eu le moindre centime qui rentre… compliqué… mais en cours de réflexion quand même !

LE TEMPS :

Le 2ème nerf de la guerre !

Derrière une marque, il n’y a pas que le modélisme et la couture… Il y a les shootings et leurs préparation en amont, la recherche des tissus, la gestion des réseaux sociaux au combien chronophage, l’emballage des commandes, l’envoi des colis, l’administratif, le marketing, la communication,… En gros, il faut être un véritable Couteau suisse et savoir organiser son temps entre les taches prioritaires, les taches qui nous plaisent pas mais qui sont essentielles et les taches moins importantes mais qui doivent être faites…

Je vous recommande d’ailleurs sur le sujet de la création d entreprise d’aller regarder les vidéos You Tube de Guillaume Gibault fondateur du Slip Français, sur la création d’entreprise qui désacralise beaucoup le sujet : https://www.youtube.com/channel/UCDnltL2S_WxjkOQaIM0o8xg

Et puis, il y a des périodes où les commandes affluent et vous n’arrivez pas à sortit la tête de l’eau. D ailleurs pour celles qui hésitent à se lancer, il faut aussi avoir en tête, que potentiellement vous allez coudre 10/20 fois le même modèle. Ce qui clairement n est pas la partie la plus fun du business. Et pendant cette période là, il faudra continuer en parallèle, à gérer les réseaux sociaux, la recherche de tissus, travailler les proto des prochains modèles, faire les shooting photos,…

Monter sa boite et ça quelque soit l’univers, demande BEAUCOUP DE TEMPS et une grosse dose de POLYVALENCE.

LA SOLITUDE :

Autre point à prendre en compte si vous vous lancez seule comme moi, c’est la solitude. Ne pas pouvoir échanger ses idées, ses interrogations, ses doutes, ses joies, ses peines… Alors bien sur, les proches sont là et j’interroge souvent mes soeurs et mes amies pour avoir leurs avis sur tel ou tel tissu, tel ou tel modèle,… Mais je suis quand même seule à la tête du navire et seule toute la journée derrière ma MAC, mon ordi et mon téléphone. Si vous ne savez travailler qu en groupe, essayez de vous associer ou alors faite demi tour !!

 

En conclusion et quand je relis ce que je viens d’écrire, je me dis que le tableau que je viens de vous dépeindre n’est pas hyper motivant… Et pourtant, je Kiiiiiiiifffe ce que je fais et je suis hyper contente de m’être lancée. J’aime ce coté Polyvalent du job, j’aime l’univers de la couture et être derrière ma machine tous les jours (plus que celui de la mode d ailleurs), j’aime le fait d’etre ma propre chef, j aime l idée de créer une marque et de réfléchir à tout ce qui va autour, l histoire que je raconte, etc…

Mais, il faut que vous ayez bien en tête que vous n’aurez plus le temps de coudre pour vous. Manue de @23ruedesroses avait d’ailleurs fait un bilan intéressant de sa capsule d’été dans un de ses derniers posts. Que le lancement de ce type de business demande de l’argent en amont pour pouvoir le faire sereinement. Et que vous travaillerez beaucoup et tout le temps (soir et week end compris…) surtout si vous avez des enfants et que vous voulez continuer à leur accorder du temps.

Si vous avez des questions n hésitez surtout pas à m en faire part (plutôt sur mon compte IG Drole de Bazar directement d ailleurs car je ne suis pus trop par ici !!).

 

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